Dans un demi sommeil cotoneux, MrLeroux entendit de petits bruits de chariots à roulettes dans le couloir. Cherchant à l'aveuglette le telephone qui devait se trouver quelque part sur cette satanée table de chevet très pratique soit dit en passant, il fit copieusement tomber tout ce qui y était disposé. Puis fulgurance langoureuse venant titiller la mémoire engourdie, le souvenir d'avoir glissé le telephone non pas sur, mais dans la table de nuit lui revint. Tirage de tiroir et fouille chirurgicale de se dernier lui ont permis de mettre enfin la main sur le précieux objet communicant, mais pas seulement. En effet, point de téléphone sans options aujourd'hui, un peu à l'image des voitures modernes, un portable est un condensé de technologie tout aussi inutile que distrayant, pour qui à le temps d'en apprendre le mode d'emploi. Ainsi, le telephone, n'est pas qu'un simple telephone, il est également lecteur multimédia, appareil photo, caméra, agenda, repertoire, horloge parlante, jeu de cartes, television, terminal internet, calculatrice, chronometre, convertisseur de devise... et bien plus encore !!! En l'occurence, la fonction interressant MrLeroux était « horloge ». 18h24, l'heure du repas à l'institut des femmes en blanc ! A peine eut-il le temps de se remettre en ordre pour être présentable, que déjà la porte s'ouvrait, après trois tocs résonants. « Repas MrLeroux, prendrez vous une infusions après mangé ? » demanda fort poliment la jeune stagiaire femme en blanc affectée au service des impotents. MrLeroux remercia et accepta le tilleul proposé avec plaisir. La dame en blanc partie, MrLeroux décida que le repas serait plus gai avec la rassurante compagnie d'un film. Il ouvrit son ordinateur portatif, le disposa sur la tablette de pied de lit, et lança l'application television. Ce soir, c'est série policière sur les ondes. Une fois son plateau repas installé, il lance le début de la série, et pas n'importe laquelle, une fiction française avec vedette principale, C.Touzet chez les schtroumph, tous de bleu vétus. Pitoyable, je sais, mais on ne choisit pas la programmation, même s'il on paie la redevance !
Voilà donc MrLeroux en compagnie d'une brigade de petit bleus toujours sympa et compréhensifs, de la pure fiction en somme ! Bon, devoir s'attabler dans de telles conditions ne fut pas chose facile, mais prenant sur lui même, MrLeroux partit à l'assaut de son plateau repas de collectivité, et là force est de constater que la surprise fut bonne.
Pour commencer, petite soupe aux légumes accompagnée de son petit crouton. Chaud breuvage, légèrement velouté, aucun doute, ils savent faire la soupe chez les femmes en blanc. Vient ensuite une belle escalope de veau grillée, accompagnée de ses petits champignons à la crème. Une petite branche de persil venait égayer la composition de l'assiette, donnant une couleur champêtre à l'ensemble. Là aussi, la viande était très bonne, bien que légèrement trop cuite au goût de MrLeroux, et les petits champignons furent décimés par le vorace appétit de l'hote. Pour la suite, rien que du basique, fromage marguerite se marre, et pomme du jardin de rungis. Simple mais efficace, et c'est le coeur léger, mais l'estomac bien rempli que MrLeroux put pleinement se replonger dans la fiction televisuelle qui devait lui tenir compagnie. Et la, ce n'était pas du même accabi, mais juger plutôt : C.Touzet était tranquillement installée dans son canapé, à glander, comme tout bon fonctionnaire qui se respecte, heureuse et détendue, de la quiétue du juste qui a déjà atteint son quota de contraventions et qui, quoi qu'il advienne, aura sa prime de résultat, lorsque, suspens intenable !!!, le brigadier de garde frappe à sa porte, essouflé des trentes deux metres qui séparent la caserne de l'appartement de notre courageuse adjudant(e), traversés aux pas de course : « un meurtre vient d'être commis au paradis ! Venez vite, les plus hautes autorités veulent que ce soit vous qui diligentiez l'enquête ». Notez, qu'il m'est impossible ici de retranscrire le pitoyable jeu d'acteur, mais les dialogues et la qualité du scénario suffisent à eux seuls à restranscrire l'atmosphère générale de la série. Quatre minutes plus tard, un suspect que tout accapble est arrêté, placé en garde à vue et passé à la question. Tout et tous l'accable ? Non ! Une petite adjudant(e) reste septique ! Et oui, elle sait bien elle, C.Touzet que ce n'est pas possible que ce soit lui le coupable... Sinon, comment les soixante neuf minutes qu'il reste avant la fin de programme, comment hein, je vous le demande ? Impossible ! Déjà dix sept minutes de passées que déjà MrLeroux n'en pouvait plus ! Et la, dans un éclair de lucidité, il s'est rappelé cette phrase célèbre d'un non moins célèbre philosophe : « Je voudrais dire aux gens qui nous regardent qu'il existe au bas à droite de leur télé un bouton où est écrit 'marche/arrêt', et qu'il faut savoir appuyer dessus quand le niveau est devenu intolérable de niaiserie ! »
MrLeroux se fit une joie de suivre l'exemple de ce maitre spirituel, et referma d'un geste vif l'écran de son ordinateur portatif. Il prit un livre au hasard sur sa table de chevet, Les morts ont tous la même peau de Boris Vian, et se coucha en compagnie de l'auteur. Qu'adviendra-t-il à MrLeroux à son réveil ? C'est ce que vous saurez dans les prochaines rocambolesques aventures de MrLeroux !
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Bonne initiative d'éteindre cette fichue télé! Quant à cette série, je ne l'ai jamais vue, mais ce que vous en décrivez ne donne pas envie de la voir!<br />
Bonne journée et surtout bon courage au pays des "femmes en blanc"<br />
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